jeudi 10 décembre 2009

VOIR NEW YORK ET MOURIR

On peut se moquer de moi : je n'ai plus de boulot et je suis parti à New York sur un coup de tête. J'ai des enseignements à tirer de cette expérience professionnelle mitigée ; je fais ça mieux à l'étranger. Même si ça consiste à claquer de la thune dans les bars, les boîtes, les restaurants et les musées (ce que je fais déjà très bien à Paris).

On the bright side : j'ai pécho un appartement dans le centre de Paris, bénéficié de l'offre duty free de Noël de l'organisation et ajouté une ligne prestigieuse sur le prospectus qui fait office de CV.

New York ne m'a pas subjugué de suite.
L'écriture n'est pas revenue de suite, comme en témoigne ce blog qui ressemble à une friche industrielle toulousaine en l'an de grâce 2001.
Et puis New York. Dans ma face.

Et puis le MoMA et son expo Tim Burton, et puis la Frick collection, le Whitney et le Guggenheim, le New Museum et la Magna Carta à la Fraunces Tavern ; et puis Central Park quand on jogge sous les lampadaires, Ellis Island et la Liberté éclairant le monde, daltonienne. Et puis Brooklyn et ses pépites non encore répertoriées dans les guides, SoHo, TriBeCa, NoLiTa, East and West Village. Et puis la Fifth Avenue, la coulée de lave mercantile, la chasse au mannequin chez Abercrombie, la Trinité de Marilyn Monroe : Tiffany's... Cartier... Harry Winston tell me all about it ! Et puis ce qui est indicible, même sur le Top of the Rock, et pourtant si palpable, cette esprit, cette énergie, cette force qui se transmet de la cime des gratte-ciel à la plante des pieds comme si tout était relié par un fil électrique, comme si tout le monde était relié, ensemble, traversé par un coup de jus métaphysique. Et puis Broadway.

On ne peut pas tenir des promesses sur des leurres. Si j'ai cessé d'écrire c'était parce que je n'en avais pas l'envie, je n'avais pas cette envie suffisamment puissante pour déblayer son emploi du temps et aménager une plage d'écriture. L'envie crée le besoin. Le besoin... Peut il créer l'envie ?

New York a révélé ce besoin. D'écrire, mais pas seulement. Des autres cordes à mon arc. De les exploiter et de ne pas croire que c'est impossible. New York est la ville-monde, la prairie des artistes, c'est le champ des possibles. Et c'est sans doute ce dont j'avais le plus besoin. D'un champ où courir.

J'espère exporter tout ça à Paris - l'esprit, l'énergie, la force. Et le champ des possibles : ma piste d'atterrissage. Et puis mes amis m'ont dit de me coller à la boîte noire, dans l'avion. Elle est facile à reconnaître, ils m'ont dit : elle est orange.

3 commentaires:

Matoo a dit…

J'aime bien quand t'écris. :)

Anonyme a dit…

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