vendredi 8 janvier 2010

2010 : ET SINON ?

Je maîtrise de mieux en mieux mes impulsions, mais les pulsions demeurent. La pulsion de se faire du mal sous couvert de se faire du bien, en apparence, derrière le masque, derrière le fard et le sourire de pub de dentifrice, sous le chapeau acheté en friperie à 5 balles pour faire le malin dans les soirées. La pulsion du podium. La pulsion du bar. La pulsion des banquettes de skaï où toutes les discussions sont permises. La pulsion des hasards auxquels on force un peu la main.

Nous devions sagement regarder un DVD chez lui, avec une petite coupe de champagne pour honorer les égéries. Chez lui, proche périph', côté banlieue, assez loin de la tentation. Vers 21h30, on lance le film, l'adaptation française d'Absolutely Fabulous.

Mais AbFab s'est transposé de l'écran au salon, moi Edina, lui Patsy, la coupe de champagne restrictive s'est transformée en deux cruchons de soupe de champagne, à 23h30 on sautait sur le pain, le saucisson et autres gourmandises pour tenir la route, à 1h00 dans un taxi, à 1h30 sur la piste du Pine-Apple. 5h10 : après une galoche facile pour me convaincre qu'il me reste quelques lambeaux de sex-appeal, des allers-retours dans le fumoir où j'ai discuté avec un gars piercé qui me plaisait pas mal et à qui je plaisais sauf-qu'il-y-a-mon-mec-sur-la-piste, l'extinction et de mes ressources monétaires en cash - la preuve : j'ai terminé par un Coca - et de ma patience à l'égard de la direction musicale - type karaoké -, la coupe fut remplie quand un hétéro qui voulait se faire mousser en approchant sa bouche à un centimètre de la mienne et la reculant quand je l'avançais, m'a sorti : L'ordre naturel des choses c'est un homme et une femme. Exit. Vestiaire. Je me tire.

La pulsion de se faire du mal sous couvert de se faire du bien. Chaque nuit dans les clubs de Paris est une balle à blanc. 14h20 : vaseux je m'étire. Je reste au lit. Je m'alite. C'est une maladie. Je me concentre sur Travolta travesti. On m'a prêté HairSpray. Je n'ai rien de prévu avec personne avant le soir, donc je ne ferai rien avant le soir. Juste un coup de fil à la nana du cabinet d'avocat américain pour un entretien. Lueur.

Abruti. Pourtant je sais que je suis maudit au Pine-Apple.

La pulsion de se faire du mal sous couvert de se faire du bien. Chaque lendemain de nuit dans les clubs de Paris est un nettoyage du fusil. Pull ! Et rebelote. Pull !

2010 : 2009 bis ?

2 commentaires:

Fabisounours a dit…

C'est super joliment écrit tout ça. Et parfois on a besoin de se défouler et de tirer tout un chargeur à blanc pour se dire que cette fois ci, ce sera la bonne.
Tire donc, et repose toi après

Baron Rouge a dit…

Merki...

Si on était des putains de chats avec 9 vies, on pourrait tirer 8 fois - là ça défoulerait.